



24 et 25 mars 2027 · Tanger, Maroc
LawEcoTech’2027. International Conference on AI, Blockchain for Law, Economy and Digital Sovereignty

La confiance numérique à l’épreuve
L'écosystème technologique marocain a quitté sa phase d'observation. L'usage de l'intelligence artificielle (IA) s'y développe aujourd'hui rapidement, sous l'effet de trois facteurs : l'intégration de l'IA dans l'offshoring, l'automatisation des tâches bancaires et administratives, et le lancement, en janvier 2026, de la feuille de route Maroc IA 2030, auxquels s'ajoute la création récente d'un ministère dédié à l'Intelligence artificielle, à la Transformation numérique et à la Réforme de l'Administration.
L'intelligence artificielle et la blockchain transforment ainsi en profondeur les pratiques professionnelles, les modèles économiques et les cadres juridiques. Comme nombre d'autres pays, le Maroc déploie ces technologies dans un cadre juridique morcelé, largement antérieur à l'essor de l'IA générative et des registres distribués.
Le Maroc dispose certes d'un corpus significatif, au premier rang duquel figurent la loi n° 09-08 relative à la protection des données personnelles, la loi n° 53-05 relative à l'échange électronique de données juridiques, la loi n° 07-03 relative aux atteintes aux systèmes de traitement automatisé des données, la loi n° 55-19 relative à la simplification des procédures et formalités administratives, la loi n° 88-17 relative à la création des entreprises par voie électronique et à leur accompagnement, la loi n° 05-20 relative à la cybersécurité et la loi n° 43-20 relative aux services de confiance pour les transactions électroniques. Leur articulation avec les usages émergents de l'IA et de la blockchain demeure toutefois à construire.
Ce constat invite moins à déplorer un vide qu'à interroger la notion même de confiance numérique : l'IA la fonde sur la performance prédictive, la blockchain sur la preuve mathématique et l'immuabilité du registre, le droit sur la légitimité des institutions et la garantie des droits. C'est cette tension entre trois ordres de confiance, et les risques d'insécurité juridique et de perte de souveraineté numérique qu'elle soulève, que la conférence internationale se propose d'explorer.
Confiance algorithmique
Intelligence artificielle
Fondée sur la performance prédictive des modèles.
Confiance cryptographique
Blockchain
Fondée sur la preuve mathématique et l’immuabilité du registre.
Confiance juridique
Droit
Fondée sur la légitimité des institutions et la garantie des droits.
Croiser les savoirs, éclairer la régulation
Cadrage scientifique et technologique : la convergence IA-blockchain
Sur le plan économique, l'IA et la blockchain favorisent l'émergence d'une économie décentralisée et automatisée, fondée sur l'amélioration de la productivité, l'optimisation des ressources et la réduction des coûts de transaction. Cette évolution redéfinit les mécanismes de financement, à travers la numérisation des biens sur la blockchain et la finance sans intermédiaires, tout en transformant le marché du travail et les modalités de partage de la valeur. Pour les économies émergentes, notamment en Afrique, ces technologies constituent également des leviers d'inclusion financière et d'intégration régionale, sous réserve d'en maîtriser les risques liés à la stabilité financière, aux inégalités et à la régulation.
Prisme économique : mutation des marchés, valeur et inclusion
La convergence de l'IA et de la blockchain opère une mutation majeure de notre modèle économique : elle marque le passage d'une économie de plateforme centralisée à un système de protocole décentralisé et automatisé. Dans cette nouvelle architecture, l'IA optimise l'allocation des ressources et stimule la productivité globale, tandis que la blockchain élimine les intermédiaires traditionnels et réduit drastiquement les coûts de transaction. Cette convergence trouve une illustration privilégiée dans la représentation numérique des actifs du monde réel (immobilier, infrastructures, brevets) et dans l'essor de la finance décentralisée (DeFi), qui fluidifient la liquidité mondiale tout en soulevant des enjeux inédits quant à la stabilité financière internationale.
Cette automatisation cognitive ne cible toutefois plus uniquement les tâches répétitives : elle touche directement les professions intellectuelles et créatives, et impose une refonte urgente des modèles de redistribution et de partage de la valeur. Parallèlement, cette transition constitue une opportunité majeure de leapfrogging (saut technologique) pour les économies émergentes, notamment en Afrique : l'alliance des monnaies numériques de banque centrale (MNBC), des micropaiements sur blockchain et du scoring de crédit par l'IA permet d'intégrer massivement les populations non bancarisées et d'accélérer l'intégration économique régionale.
Impératif juridique : régulation, responsabilité et gouvernance algorithmique
L'intégration croissante de l'IA générative et de la blockchain se heurte à une asymétrie temporelle majeure : le rythme exponentiel de l'innovation technologique dépasse la capacité séquentielle d'adaptation du droit. Cette rupture ébranle les fondements juridiques traditionnels, à commencer par le régime de la responsabilité civile et pénale : face à un dommage causé par un algorithme d'IA autonome s'exécutant sur un smart contract décentralisé, l'imputation de la faute devient complexe en l'absence d'un responsable central identifiable. La propriété intellectuelle traverse, en parallèle, une crise inédite, qui interroge tant la légalité de l'entraînement des modèles sur des données protégées (en amont) que le statut d'auteur des créations synthétiques (en aval), tout en trouvant dans les NFT et la blockchain des outils novateurs de traçabilité et de protection des droits des créateurs.
Pour surmonter ces défis, la gouvernance algorithmique exige un cadre réglementaire capable de concilier conformité stricte et dynamisme économique. Alors que les législations internationales imposent des normes à portée extraterritoriale, à l'image du RGPD ou de l'AI Act européen, l'enjeu crucial pour le Maroc réside dans la définition d'un modèle d'harmonisation équilibré. L'élaboration de régulations locales adaptées doit ainsi garantir la protection des données et la sécurité juridique des utilisateurs, sans instaurer de barrières administratives excessives qui étoufferaient l'innovation du secteur technologique national.
Cinq regards sur la confiance numérique
Les sessions plénières et les sessions de communications s'articulent autour de cinq axes principaux, déclinés chacun en sous-thématiques et en problématiques de recherche.
Responsabilité du fait des systèmes autonomes
Qui répond du préjudice causé par une IA ou par un smart contract ? Encadrement des biais d'entraînement ; recours en cas de discrimination algorithmique ou de deepfakes.
Smart contracts et droit des obligations
Formation, exécution, erreur et défaillance du code ; validité et opposabilité devant les tribunaux ; responsabilité en cas de bug ou de manipulation.
Valeur probante des registres distribués
Portée probatoire des enregistrements blockchain au regard des lois en vigueur ; preuve électronique et signature de confiance.
IA générative et propriété intellectuelle
Statut juridique des œuvres générées par l'IA ; text-and-data mining et exceptions ; contrefaçon, plagiat et rémunération des créateurs.
Modèles de régulation comparés
AI Act européen (calendrier encore sujet à ajustement) ; Convention-cadre du Conseil de l'Europe ; règlement MiCA ; stratégie Maroc Digital 2030.
Portée extraterritoriale et flux transfrontaliers
Application de l'AI Act au Maroc ; coopération Maroc–UE ; transfert des données personnelles (loi n° 09-08, autorisation de la CNDP).
Régulation des crypto-actifs et de la tokenisation
Security tokens et utility tokens ; conformité aux exigences de Bank Al-Maghrib et de l'AMMC ; lutte anti-blanchiment (GAFI) ; statut juridique des DAO.
Souveraineté numérique et concentration du marché
Domination des grands acteurs technologiques ; licences open source et obligations de l'AI Act relatives aux modèles d'IA à usage général (GPAI) ; coopération avec l'UNESCO, l'OCDE et le Conseil de l'Europe.
Transparence et droits fondamentaux
Obligation d'explicabilité des décisions automatisées ; supervision humaine ; deepfakes et droits fondamentaux.
Cybersécurité des systèmes d'IA et des blockchains
Conformité aux directives de la DGSSI et à la loi n° 05-20 ; attaques adversariales, injection de prompt ; certification des systèmes critiques.
Protection des données et audit dès la conception
Apprentissage fédéré, confidentialité différentielle, chiffrement homomorphe ; audit et vérification formelle des smart contracts.
Volet ingénierie (sessions techniques dédiées)
Architectures de deep learning, optimisation et entraînement, apprentissage par renforcement multi-agents, apprentissage fédéré, modèles génératifs.
Transformation numérique des juridictions
État d'avancement de la transformation numérique de la justice au Maroc ; interopérabilité des systèmes d'information judiciaires.
Aide à la décision et justice prédictive
Fiabilité des grands modèles de langage pour la recherche juridique ; biais des algorithmes prédictifs ; garanties du procès équitable.
Règlement en ligne des litiges
Plateformes de résolution amiable et contentieuse en ligne ; articulation avec les smart contracts et l'exécution automatisée.
Formation des professions judiciaires
Formation des magistrats, avocats et notaires aux technologies émergentes ; prompt engineering, audit algorithmique, éthique professionnelle.
Finance décentralisée, inclusion financière, fiscalité et comptabilité
Lending, staking, DEX ; scoring de crédit par l'IA, détection de la fraude et biais discriminatoires ; conformité aux exigences des autorités marocaines ; blockchain et transformation des systèmes d'information comptables.
Audit et contrôle
IA, blockchain et transformation de l'audit et du contrôle ; évolution du métier d'auditeur à l'ère de l'IA et de la blockchain ; données et fiabilité des systèmes d'information dans l'audit numérique.
Logistique portuaire et traçabilité
Combinaison de l'IoT, de la blockchain et de l'IA pour la traçabilité et la preuve d'origine ; l'écosystème de Tanger Med comme terrain d'observation privilégié ; certification des produits et lutte contre la contrefaçon.
Transformation des services publics
Traçabilité des médicaments ; gestion sécurisée des dossiers médicaux ; IA et diagnostic assisté ; gouvernance des données de santé ; IA dans la gouvernance publique ; villes intelligentes ; protection des données et responsabilité.
Transformation numérique des PME et ETI
Adoption de l'IA et de la blockchain par les PME et ETI marocaines ; traçabilité agricole ; intégration dans les cursus des écoles de droit et d'ingénieurs.
Empreinte environnementale et développement durable
Consommation énergétique des centres de données et des blockchains à preuve de travail ; IA et blockchain au service des objectifs de développement durable ; mesure et reporting de l'impact ESG.
Gouvernance, éthique et régulation
Gouvernance algorithmique de l'IA et gouvernance décentralisée par la blockchain ; transparence et responsabilité des systèmes d'IA et de blockchain ; protection des données ; souveraineté numérique ; éthique et régulation de l'IA et de la blockchain.
Transformation du travail, compétences et nouvelles pratiques managériales
Résistance au changement, leadership et transformation organisationnelle face à l'IA et à la blockchain ; acceptation des technologies émergentes ; transformation des métiers, automatisation et emploi ; formation, compétences et employabilité à l'ère de l'IA et de la blockchain.
Volet ingénierie de la blockchain
Mécanismes de consensus (PoW, PoS, PoS délégué, BFT et variantes) ; scalabilité (sharding, rollups optimistes et ZK, couches de disponibilité des données) ; interopérabilité inter-blockchains (ponts, atomic swaps, standards IBC) ; applications : identité décentralisée, vote électronique, IoT.
IA et performance des organisations
Usage de l'IA dans les pratiques d'audit ; pratiques de l'IA dans les systèmes comptables et financiers ; pratiques de l'IA en gestion des ressources humaines ; pratiques de l'IA en marketing, et performance des organisations.
Une communauté plurielle

Chercheurs et doctorants
En droit, en ingénierie, en économie et en gestion.

Professionnels du droit
Notamment les avocats, magistrats et notaires.

Ingénieurs et data scientists
Ainsi que les responsables de la recherche et du développement.

Décideurs publics et régulateurs
CNDP, AMMC, ADD et départements ministériels.

Entreprises innovantes
Entreprises technologiques, start-up LegalTech et FinTech.
Partenaires média
Partenaires média de la conférence.
De la réflexion à la recommandation
Initiée par de nombreux établissements de l'Université Abdelmalek Essaâdi, avec le concours de leurs laboratoires et équipes de recherche, cette conférence internationale a pour ambition de briser les silos disciplinaires en réunissant informaticiens, économistes, juristes et décideurs politiques. Il ne s'agit plus seulement d'anticiper le futur, mais de contribuer à la construction de la doctrine d'un numérique éthique, souverain et inclusif.
Ouvrage collectif
Les contributions retenues après évaluation en double aveugle, sur la base de leur qualité scientifique et de leur pertinence thématique, seront publiées dans un ouvrage collectif doté d'un ISBN, chaque contribution bénéficiant d'un DOI individuel.
Revues indexées
Les contributions les plus remarquables pourront être proposées pour publication dans des revues scientifiques indexées dans les bases Scopus et/ou Web of Science, sous réserve de l'acceptation des comités éditoriaux concernés et du respect des procédures d'évaluation propres à chaque revue.
Livre blanc
Un livre blanc de recommandations politiques et réglementaires.

Rendez-vous à Tanger
Date
Les 24 et 25 mars 2027
Lieu
Tanger, Maroc
Organisation
Sous l'égide de l'Université Abdelmalek Essaâdi, à l'initiative de l'ENSA de Tanger et de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de Tanger.
Un consortium entre droit, économie et ingénierie
Cette conférence internationale est organisée sous l'égide de l'Université Abdelmalek Essaâdi, à l'initiative de l'École Nationale des Sciences Appliquées de Tanger (ENSAT) et de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de Tanger (FSJPT), dans le cadre d'un consortium associant :
- La Faculté d'Économie et de Gestion de Tanger (FEGT),
- L'École Nationale de Commerce et de Gestion de Tanger (ENCGT),
- La Faculté des Sciences et Techniques de Tanger (FSTT),
- L'École Nationale des Sciences Appliquées de Tétouan (ENSATé),
- La Faculté des Sciences de Tétouan (FSTé),
- L'École Supérieure de Technologie de Tétouan (ESTTé),
- La Faculté d'Économie et de Gestion de Tétouan (FEGTé),
- La Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de Tétouan (FSJPTé),
- La Faculté Polydisciplinaire de Larache (FPL),
- L'École Nationale des Sciences Appliquées d'Al-Hoceima (ENSAH),
aux côtés des laboratoires et équipes de recherche suivants :
- Le Laboratoire des Technologies de l'Information et de la Communication (LabTIC, ENSA de Tanger),
- Le Laboratoire de Prospective et d'Innovation Juridique, Économique et Sociale (LPIJES, FSJPT),
- L'Équipe de Recherche Interdisciplinaire en Intelligence Juridique et Affaires (ERIIJA, FSJPT),
- L'Équipe de Recherche « Droit et Numérique » (FSJPT),
- Le Laboratoire Intelligence Économique et Gouvernance Territoriale (INEGOT, FEGT),
- L'Équipe de recherche Sciences de l'Entreprise et Politiques du Territoire (SEPT, ENCGT),
- Le Laboratoire Computer Science and Smart Systems (C3S, FSTT),
- Le Laboratoire Ingénierie des Systèmes Innovants (ISI, ENSA de Tétouan),
- Le Laboratoire Ingénierie des Systèmes Déployés (ISD, FST de Tétouan),
- Le Laboratoire Engineering Laboratory for Intelligent Technologies and Transformation (ELITT, ESTTé),
- Le Laboratoire Intelligent System Design (ISD, FSTé),
- Le Laboratoire des Études Juridiques et Internationales et de la Gouvernance des Politiques Publiques (EJIGPP, FSJPTé),
- Le Laboratoire des Études Juridiques et Internationales et Gouvernance des Politiques Publiques (LEJIGPP, FSJPTé),
- Le Laboratoire de la Sécurité Juridique et le Développement (LSJD, FSJPTé),
- Le Laboratoire Ressources Naturelles et Économie de Développement Durable (RNE2D, FPL),
- Le Laboratoire des Sciences Appliquées (LSA, ENSAH).
Alliant harmonieusement recherche juridique, recherche économique et expertise en ingénierie, ce consortium constitue une force originale qui confère à la conférence internationale toute sa dimension interdisciplinaire.
















Appel à communications
Contribuer à la réflexion
Le consortium organisateur invite la communauté scientifique nationale et internationale à soumettre ses travaux, afin de proposer des solutions constructives sur les orientations possibles des régulations de demain.






